Infiltration d’eau dans un van aménagé : ce qu’on trouve sous un lanterneau qui fuit

Note : post
                            Une infiltration d'eau dans un van aménagé vient presque toujours du même endroit : le trou qu'on a découpé dans le toit pour poser un lanterneau ou un aérateur. Sur un Ford Transit, un Ram ProMaster ou un Mercedes Sprinter, ce trou traverse une tôle d'acier nervurée qui n'a jamais été pensée pour accueillir une ouverture d'environ 36 centimètres de côté (le format standard de 14 pouces). Tout le reste découle de là.

Les ateliers qui réparent les infiltrations sur les véhicules récréatifs suivent une méthode assez constante. Chez Toiture VR, dans le Grand-Montréal, elle tient en quelques étapes : localiser précisément la source, retirer les matériaux abîmés, laisser sécher, poser un scellant adapté au support, puis faire un test d’étanchéité final. Rien de spectaculaire. Mais quand on démonte un lanterneau qui fuit, on comprend vite pourquoi chaque étape compte.

Van aménagé avec un lanterneau sur son toit relevé
Un lanterneau posé sur un toit relevé : chaque joint du cadre est une entrée d’eau potentielle. Photo : Billy Williams, Unsplash via Wikimedia Commons (CC0)

Ce qu’on découvre en retirant le cadre

D’abord, le joint. Sous un aérateur MaxxAir ou Fan-Tastic Vent, ou sous un lanterneau Fiamma, l’étanchéité repose en général sur une bande de butyle écrasée entre la bride et le toit. Avec les années, le butyle sèche. Il se tasse. Il finit par laisser un passage à l’eau.

Ensuite, les nervures. Un toit de fourgon n’est pas plat, donc il faut un cadre d’adaptation (en bois, en aluminium ou en plastique) pour poser un accessoire plat. Chaque espace mal comblé entre ce cadre et les creux de la tôle devient un petit canal.

Et puis la tranche du métal. Une découpe à la scie sauteuse laisse un acier nu. S’il n’a pas reçu d’apprêt antirouille avant la pose, la rouille s’installe sous le scellant, soulève le joint par en dessous et ouvre la voie à l’eau. C’est invisible depuis l’extérieur.

Dernier classique : les vis. Une vis trop serrée fend le cadre en plastique. Une vis pas assez serrée laisse respirer la bride. Dans les deux cas, l’eau suit la vis.

Condensation ou fuite, et pourquoi le Québec complique tout

Avant d’accuser le lanterneau, il faut écarter la condensation. Dans un van où l’on dort, cuisine et respire en hiver, l’humidité intérieure se dépose sur le métal froid, puis coule le long des panneaux. Le test le plus simple : par temps sec, véhicule fermé, poser du papier essuie-tout autour du cadre et arroser le toit au boyau, zone par zone. Si le papier se mouille seulement pendant l’arrosage, c’est une infiltration. S’il se mouille aussi après une nuit froide sans pluie, la condensation est au moins en partie responsable.

Au Québec, les deux problèmes se nourrissent l’un l’autre. Les cycles de gel et de dégel d’automne et de printemps font travailler les joints, et l’eau qui entre gèle dans les interstices avant de les élargir. Côté réparation, le choix du produit compte : un mastic polyuréthane comme le Sikaflex pour la tôle, un scellant autonivelant de type Dicor pour les membranes de toit, jamais de silicone de quincaillerie, sur lequel plus rien n’adhère ensuite.

En attendant la réparation, un ruban de toiture de type EternaBond posé sur un cadre propre et sec peut limiter les dégâts pendant quelques semaines. Il dépanne. Il ne règle rien : si l’eau est déjà passée sous la bride, elle continuera de circuler dessous, et c’est le démontage complet qui dira jusqu’où elle est allée.

Une tache sur le revêtement du plafond, une odeur de moisi derrière un panneau, une isolation qui reste humide au toucher : ce sont souvent des signes tardifs. Plus tôt la source est trouvée, moins il y a de bois et d’isolant à remplacer.

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